Quatorze approches de la psychopathologie de Serban Ionescu
L’ouvrage présente, par ordre alphabétique, les différentes approches de la psychopathologie : athéorique, béhavioriste, biologique, cognitiviste, développementale, écosystémique, ethnologique, éthologique, existentialiste, expérimentale, phénoménologique, psychanalytique, sociale et structuraliste.
Chacune d’entre elles, après avoir été définie, est illustrée d’exemples qui mettent en évidence sa problématique et ses apports théoriques.
Mettant l’accent sur la complémentarité des quatorze approches, l’ouvrage a pour objectif de contribuer à leur décloisonnement, et de constituer ainsi un préalable à l’émergence d’une nouvelle approche intégrative de la psychopathologie.
Editions Nathan Universités, série fac psychologie, 3ième Ed. 1998
« Beaucoup pourront s’étonner de ce qu’on parle ici d’humanisme. (…) Nous entendons par existentialisme une doctrine qui rend la vie humaine possible et qui, par ailleurs, déclare que toute vérité et toute action impliquent un milieu et une subjectivité humaine. (…) L’existentialisme n’est pas autre chose qu’un effort pour tirer toutes les conséquences d’une position athée cohérente. Il ne cherche pas du tout à plonger l’homme dans le désespoir. Mais si l’on appelle, comme les chrétiens, désespoir toute attitude d’incroyance, il part du désespoir originel. L’existentialisme n’est pas tellement un athéisme au sens où il s’épuiserait à démontre que Dieu n’existe pas. Il déclare plutôt : même si Dieu existait, ça ne changerait rien; voilà notre point de vue. Non pas que nous croyions que Dieu existe, mais nous pensons que le problème n’est pas celui de son existence ; il faut que l’homme se retrouve lui-même et se persuade que rien ne peut le sauver de lui-même, fût-ce une preuve valable de l’existence de Dieu. En ce sens, l’existentialisme est un optimisme, une doctrine d’action. »
« Deviens qui tu es. »
Il arrive qu’alors nous ayons l’impression que le sol se dérobe sous nos pieds. Et, si nous devons mourir, si nous constituons notre propre monde, si chacun de nous est seul dans un univers indifférent, quel sens a la vie ? pourquoi vivons-nous ? comment vivre ? La mort, la liberté, la solitude ou l’absence de sens sont autant d’enjeux auxquels chacun de nous s’est confronté un jour.
Nous construisons le monde, alors que nous pensons le percevoir. Ce que nous appelons » réalité » (individuelle, sociale, idéologique) est une interprétation, construite par et à travers la communication. Un patient est donc enfermé dans une (construction systématisée, qui constitue son monde à lui : dès lors la thérapie va consister à tenter de changer cette construction. On mesure l’importance de ce pas théorique : en lui sont déjà contenus en germe les développements ultérieurs de la thérapie systémique. On sait que celle-ci s’éloignera de plus en plus d’une épistémologie de la vérité en formulant son objectif comme le simple remplacement d’une construction du monde douloureuse et pathogène par une autre construction, plus saine parce que plus viable.
» Pouvoir regarder le soleil se lever ou se coucher chaque jour, afin de nous relier à un phénomène universel, préserverait notre santé pour toujours. » Auteur de La Désobéissance civile, Henry David Thoreau prolonge sa pensée séditieuse dans La Vie sans principe (1863). Prenant l’exemple de sa propre vie, il montre que les besoins matériels et les contingences quotidiennes sont dérisoires et qu’ils constituent une entrave à l’épanouissement de l’esprit. En exaltant l’individualisme et une certaine forme d’oisiveté dans la communion avec la nature, Thoreau nous invite à explorer les » provinces de l’imagination « .
Henry David Thoreau (1812-1862) voulait » vivre profondément et sucer toute la moelle de la vie « . Sa vie et son œuvre sont une école de philosophie et de spiritualité. L’auteur de Walden a pratiqué la » désobéissance civile « , la » pauvreté volontaire » puis, en se retirant du monde, l’immersion dans la nature pour trouver la voie de la liberté. Ses livres les plus fameux comme ses Journaux recèlent de merveilleuses formules et réflexions, élaborées la plupart du temps dans te silence plein de ses longues marches en forêt, qui portent en elles la quintessence de sa pensée et de sa sensibilité. Un choix original, comportant de très nombreux extraits inédits.
Inspiré par Ralph Waldo Emerson et son livre, Nature, Henry David Thoreau (1817-19o6) quitte à vingt-huit ans sa ville natale pour aller vivre seul dans une forêt, près du lac Walden. Installé dans une cabane de 1845 à 1847, il ne marche pas moins de quatre heures par jour… Pour l’auteur de La Désobéissance civile, farouchement épris de liberté, c’est bien dans la vie sauvage – sans contrainte – que réside la philosophie. Par cet éloge de la marche, exercice salutaire et libérateur, Thoreau fait l’apologie de la valeur suprême de l’individu. Conférence donnée en 1851, De la Marche constitue un bréviaire indispensable de l’éveil à soi par la communion avec la nature.
Qui prend encore le temps, aujourd’hui de grimper à un arbre, en pleine ville ? D’observer les oiseaux, ou de jouer dans les flaques d’eau après la pluie ? D’aller jusqu’à la mer pour lui rendre un coquillage dont on ne sait comment il est arrivé chez soi ? L’homme qui marche, que l’on apprend à connaître à travers ses balades, souvent muettes et solitaires, rencontre parfois un autre promeneur avec qui il partage, en silence, le bonheur de déambuler au hasard.
Le rythme de la marche a été ressenti par des philosophes et des écrivains comme propice à la réflexion, voire à la création. S’appuyant sur des citations et des anecdotes, Rebecca Solnit montre à quel point on saisit le monde à travers le corps et le corps à travers le monde. Mais ce « livre parcours » comprend aussi un véritable réquisitoire contre tout ce qui, aujourd’hui, empêche l’exercice de la marche. La rue est un espace démocratique par excellence, et la libre circulation du promeneur en ville et à la campagne une revendication plus nécessaire que jamais… A notre époque, l’art de la marche devient une pratique fondamentale et subversive dans les pays occidentaux.